mardi 23 février 2010

Les années se suivent......

Une nouvelle année scolaire, de nouvelles réformes, de nouvelles réductions horaires......
Suite au annonces des moyens horaires pour l'année scolaire à venir, les élus professeurs au Conseil d'Administration ont fait parvenir aux candidats aux élections régionales et à la presse la lettre ouverte suivante :

Lettre ouverte aux candidats – élections régionales de mars 2010.

Madame, Monsieur,

Depuis plusieurs années, les lycées publics sont soumis à rude épreuve : Suppressions de postes, fermetures de sections dans les lycées professionnels, non remplacement des départs en retraite, manque de surveillants, précarisation des statuts…

Notre lycée, le lycée G.Imbert de Sarre-Union, n’a pas été épargné.
Or, notre lycée général et professionnel accueille des élèves venus de plus de 50 communes rurales d’Alsace Bossue, le lieu idéal pour faire appliquer l’article 13 du Préambule de la Constitution : « 13. La Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l'Etat. »
Pourtant, notre établissement vit chaque année sous la menace des effets de réformes uniquement comptables. Depuis 2006, nous avons connu la fermeture du BEP MPMI, du BEP comptabilité ; des menaces sur la filière Electrotechnique, sur certaines options, la suppression d'une classe de 2de et l’incertitude sur la réorganisation des séries au lycée général…

Cette année, voici la situation.

Lycée Général :

L'attribution de la DHG pour le lycée général pour la rentrée 2010 des établissements ne fait que concrétiser cette inquiétude.
En effet nous perdons globalement 11 heures, alors que les effectifs prévus par le rectorat pour chaque niveau sont semblables à ceux de cette année 2009-2010, et que d'autres prévisions concernant l'effectif des élèves de Seconde, sont même supérieures.
En particulier, la répartition horaire des moyens fait apparaître un déficit pour les classes de 2de ; ce déficit se traduit par :
• La diminution de l'horaire élève dans plusieurs disciplines et dans les enseignements d'exploration, diminution voulue par la réforme du lycée
• La suppression de l'aide individualisée en mathématiques et français, diminution également voulue par cette réforme.
• La réduction (en nombre ou en horaire) des séances à effectifs réduits qui nous permettent actuellement de pratiquer des enseignements expérimentaux en SPC et SVT, et d'assurer des travaux dirigés (recherche, utilisation de logiciels) dans de nombreuses matières
• Un enseignement de LV1+2 en classes entières et non plus en groupes de 24 comme c'est le cas actuellement, cet enseignement n'étant que très partiellement dédoublé.
De plus contrairement aux annonces séduisantes du ministère de L'Éducation Nationale, l'accompagnement dit "personnalisé" est prévu en classes entières, faute de moyens.

Nous estimons qu'il manque environ 25 à 30 heures au lycée général.
En ce qui concerne le cycle terminal, les mêmes problèmes vont se poser concernant les dédoublements, les heures d’accompagnement "personnalisé"…
Par ailleurs, cette réforme prétend rééquilibrer les filières et permettre des passerelles entre les différentes séries.
En fait, en classe de première, le tronc commun permettra de constituer des classes réunissant des élèves de séries différentes, donc de supprimer des classes et d’augmenter les effectifs par division en faisant abstraction des spécificités des différentes séries.
En première S, les élèves perdront 4h30 d’enseignement scientifique. Dans le même temps les mathématiques deviendront une option en première L. Est-il raisonnable dans ces conditions d’envisager une réorientation de L vers S ?
En terminale S, l’Histoire géographie sera optionnelle.
En série ES, il n’y aura plus en Terminale que 5 heures de Sciences Economiques et Sociales, enseignement spécifique à cette série. Au cours de sa scolarité, un bachelier ES qui aurait pourtant suivi l’enseignement exploratoire en seconde recevrait 25 % d’heures de SES en moins qu’aujourd’hui.

La réforme ?... Ou comment "rééquilibrer" les filières en les affaiblissant…

Lycée Professionnel :

Le L.P. n’est pas épargné ! Après trois années difficiles correspondant à l’appauvrissement de l’offre de formation (perte du B.E.P. Usineur, perte du B.E.P. Métiers de la comptabilité) et l’instauration au forceps du Bac Pro 3ans, le massacre continue. Les engagements concernant la phase de transition entre l’ancien système (BEP + Bac Pro 2ans) et le nouveau système (Bac Pro 3ans) ne sont pas respectés ! A l’origine les élèves dans un cycle de formation devaient pouvoir terminer leur cycle dans des conditions normales : ainsi, les élèves passant leur BEP en juin 2010, auraient du pouvoir poursuivre leurs études dans un Bac Pro 2ans. Malheureusement, la logique comptable habillée d’une communication séduisante prédomine toujours…. Pour accélérer la récupération des moyens (donc 1 an de formation) mise en œuvre par la réforme du Bac Pro 3 ans, la marche forcée est en route. Exit les promesses !
La dotation horaire 2010/2011 est en trompe l’œil. Globalement elle augmente légèrement, mais ce phénomène mécanique est du à l’apparition de la Terminale Bac Pro Commerce 3 ans. En fait, cette DHG cache, une fois de plus, la misère. En effet à la rentrée 2010, les élèves qui vont passer leur BEP juin 2010, vont devoir directement intégrer la classe de 1ère du cycle BAC PRO 3 ans correspondant. Cela n’ira pas sans problèmes. Qu’adviendra-t-il des élèves qui n’auront pas réussi leur examen (sachant que le BEP disparait) ? Généreusement le Rectorat augmente donc les capacités d’accueil afin que ces élèves puissent poursuivre leur formation, mais toujours avec beaucoup de parcimonie (exemple : +3 places en 1ère Electro, +3 places en 1ère Chaudronnerie, ….). Ceci est tout à fait insuffisant pour absorber tous les élèves de BEP, et correspond en fait au seuil limite que le Rectorat ne veut pas franchir pour éviter les dédoublements coûteux en heures….. Ce qui nous amènera donc à des modifications de structures et de groupes, soi-disant en « faveur des élèves » mais qui nous apparaissent comme des contre-sens pédagogiques : groupes de langues à 24, Arts appliqués à 35 élèves…


On est bien loin des objectifs affichés des réformes : mieux accompagner le lycéen pour le faire réussir et mieux adapter le lycée à son époque.
C'est pourquoi une trentaine de professeurs se sont réunis dès la rentrée pour dénoncer cette situation et proposer d’autres solutions.
Ils ont aussi prévu une journée d'actions locales le mercredi 3 mars, avec des tracts de protestation, et des communications dans la presse.

Nous comptons sur votre soutien.

Nous souhaitons connaître vos engagements comme candidats et élus à la Région Alsace.
En particulier
- vous engagez-vous à assister à chaque conseil d’administration ?
- vous engagez-vous à résister à la fermeture des sections et aux suppressions de postes décidées par l’Etat sans contre-projet solide et durable ?
- vous engagez-vous à pérenniser l’emploi des personnels techniques et ouvriers dépendant de la Région pour assurer la présence d’adultes formés et utiles auprès des élèves dans l’établissement ?

En vous remerciant de votre lecture attentive, nous vous prions, Madame, Monsieur, d’agréer l’expression de nos sincères salutations.



Les professeurs élus au CA.